Les guerres de Charles le téméraire (1465-1477 ) - V.3 - Granson et Morat (1476)

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Les guerres de Charles le téméraire (1465-1477) 

V - Les guerres de Bourgogne (1474-1477)

V.3 - Granson et Morat(1476)


Après la campagne victorieuse en Lorraine, le duc regroupe ses armées. Il lance le comte de Romont en avant garde avec 1200 hommes. Celui-ci est particulièrement concerné par cette campagne, car la pays de Vaud, conquis et occupé par les bernois font parti de son fief. La reconquête se passe comme en Lorraine : les places fortes tombent les unes après les autres, la population vaudoise supporte mal les violences des Bernois qui ont massacrés les garnisons de Granson et d'Yverdon ou qui ont rançonnés Lausanne et Genève.  De plus une campagne à l'initiative de Sion contre le Haut-Valais donne lieu à la prise de la région contre la Savoie après la bataille de La Planta





Dès Janvier, Romont conquiert Orbe puis poursuis les Bernois jusqu'à Yverdon, le 12 janvier 1476. Si la population ouvre les portes de la ville, la citadelle résiste. Dans la nuit du 12 au 13 janvier des combats de rue s'engage. Les bourguignons finissent par mettre le feux à la citadelle. Les bernois lancent alors une sortie qui vire rapidement à l'anarchie, ils reçoivent un renfort de 80 fribourgeois ce qui ajoute à la confusion des combats.Les bourguignons décident alors de se regrouper laissant ainsi les Suisses s'échapper de la ville. 

Yverdon tombé, l'avant-garde met 15 jours pour prendre les villes de Payerne, Estavayer, Morat et s'arrète devant Granson dans l'attente du reste de l'armée bourguignonne . 

Siège d'Yverdon
Amtliche Berner Chronik (Chronique officielle de Berne) de Diebold Schilling l'Ancien, Berne, Burgerbibliothek, manuscrit Mss.h.h.l.3


Le 19 février 1476, les troupes de Charles mettent le siège devant Grandson, une place forte redoutable de la Suisse médiévale. Après quelques jours, la garnison se rend à discrétion au duc, qui ordonne leur pendaison, vraisemblablement en représailles des exactions bernois sur les terres ducales. Pendant ce temps, une armée de secours composée de Bernois se dirige vers le camp du duc, situé à Neuchâtel.

Au matin du 2 mars, les éclaireurs suisses attaquent un camp avancé bourguignon. Le duc réagit en faisant donner son artillerie et ses hommes d'armes, commandés par la Roche-Guyon. Les Suisses, formés en carré, subissent des assauts répétés des troupes d'élite bourguignonnes. Alors que le carré est sur le point de céder, deux événements décisifs se produisent : le duc ordonne le retrait de ses hommes d'armes pour mobiliser l'ensemble de son armée, et une colonne de renforts suisses arrive sur le champ de bataille. Ces deux facteurs provoquent la panique parmi les troupes bourguignonnes, déjà éprouvées par le siège et les conditions météorologiques, qui battent en retraite, abandonnant leur camp et leurs trésors aux Suisses victorieux.

Amtliche Berner Chronik (Chronique officielle de Berne) de Diebold Schilling l'Ancien, Berne, Burgerbibliothek, manuscrit Mss.h.h.l.3



Charles se retire rapidement, et comme les Suisses ne le poursuivent pas, il parvient à rassembler ses troupes et à se réorganiser à Lausanne. Il s'assure de l'aide de la Savoie, reçoit des renforts de ses alliés italiens et fait venir d'autres troupes. À l'exception de l'artillerie perdue, l'armée de Lausanne est désormais plus puissante que celle de Grandson.




Quatre mois plus tard, l'armée bourguignonne se met en branle pour assiéger la ville de Morat, occupée par une garnison confédérée de 2000 hommes commandée par Adrian Ier von Bubenberg, le 10 juin 1476. Le duc vise un double objectif : prendre la ville, pour laquelle il ordonne plusieurs assauts par les troupes savoyardes et lombardes, et affronter les Suisses appelés à la rescousse, pour lesquels il réserve ses troupes d'ordonnance.


Camps Impérial fin XVth siècle
Ausklappbare Darstellung, Mittelalterlicher Heerzug
Le 22 juin, après avoir rassemblé ses troupes, les Suisses lancent un assaut au niveau de la Haie Verte. Pensant qu'il s'agit d'une manœuvre de diversion, le duc met ses troupes en alerte, mais ne renforce pas les défenseurs de la Haie Verte. Les défenseurs cèdent, et une sortie de la garnison empêche les Savoyards de rejoindre le gros de la bataille, tandis que les hommes d'armes sont aux prises avec les chevaliers lorrains réfugiés en Suisse. Les troupes bourguignonnes se retrouvent alors encerclées et subissent de lourdes pertes. Le duc n'échappe à la mort que grâce à 300 hommes d'armes qui lui permettent de quitter la mêlée. Les Lombards et les Savoyards réussissent à fuir, laissant les Suisses maîtres de la ville.

Amtliche Berner Chronik (Chronique officielle de Berne) de Diebold Schilling l'Ancien, Berne, Burgerbibliothek, manuscrit Mss.h.h.l.3



Une fois de plus, le duc abandonne sur place l'intégralité de son artillerie et de son trésor, ainsi que 10 000 hommes sur le terrain. Cette défaite majeure entraîne une nouvelle révolte en Lorraine, et Nancy se libère.

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Table des matières :

IV - La montée des dangers
V - Les guerres de Bourgogne
VI - L'armée du Duc

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